Espace Chirurgiens et professionnels
La prise en charge des pertes de substance faciale nécessite une approche globale, intégrant les dimensions chirurgicales, fonctionnelles et esthétiques.
Dans ce cadre, l’épithèse constitue une modalité reconstructive à part entière, à envisager précocement dans la réflexion thérapeutique.
Cet espace est dédié aux chirurgiens et professionnels de santé souhaitant intégrer l’épithèse dans leur pratique, dans une logique de collaboration pluridisciplinaire et d’optimisation des résultats.
Épithèse et stratégie reconstructive
Positionnement dans la stratégie thérapeutique
L’épithèse est à intégrer précocement dans la réflexion thérapeutique, au même titre que les techniques de reconstruction chirurgicale.
Elle doit être envisagée dans les situations suivantes :
- Pertes de substance étendues ou complexes,
- Terrain défavorable (irradiation, comorbidités),
- Incertitude sur le résultat esthétique chirurgical,
- Refus ou contre-indication à la chirurgie,
- Ou en complément d’une reconstruction partielle.
Elle peut être proposée en solution définitive, transitoire ou combinée.
Intérêt de la concertation précoce
L’intégration de l’épithésiste en amont (RCP ou consultation conjointe) permet d’anticiper les contraintes prothétiques, d’optimiser les conditions locales (volumes, cicatrices, reliefs), d’orienter certaines décisions chirurgicales, et de planifier les modalités de rétention.
Cette anticipation est particulièrement recommandée dans les cas de rhinectomies, exentérations orbitaires, pertes de substance jugo-maxillaires ou labiales étendues.
Gestion des ancrages implantaires
Les implants ostéo-intégrés (titane) représentent une option de référence pour la rétention des épithèses.
Planification
- analyse des volumes osseux disponibles (temporal, maxillaire, rebord orbitaire),
- positionnement stratégique pour optimiser les axes de rétention,
- prise en compte des contraintes prothétiques.
Points de vigilance
- Impact de la radiothérapie (délai, risque d’échec d’ostéo-intégration),
- Qualité cutanée et gestion des tissus mous,
- Entretien des piliers transcutanés.
Une planification conjointe permet d’améliorer la stabilité, la reproductibilité du positionnement, et la tolérance à long terme.
Contraintes spécifiques post-oncologiques
Les contextes carcinologiques imposent des adaptations d’altération tissulaire (radiodermite, fibrose), d’évolution anatomique dans le temps, et de surveillance oncologique.
L’épithèse présente plusieurs avantages : absence de contrainte chirurgicale supplémentaire, adaptabilité dans le temps, possibilité de réajustement rapide.
Objectifs fonctionnels et esthétiques
Les objectifs de la prise en charge sont partagés : restauration des volumes et de la symétrie faciale, intégration esthétique des interfaces cutanées, protection des cavités (orbitaire, nasale), amélioration de la qualité de vie et de l’acceptation.
Le résultat repose sur une interaction étroite entre geste chirurgical et intégration prothétique.
Cadre réglementaire et organisationnel
L’activité d’épithèse est encadrée par :
- l’arrêté du 23 février 2007 (conditions d’exercice, bonnes pratiques),
- les recommandations de qualité (HAS),
- et la convention nationale (prise en charge LPPR).
Ce cadre garantit :
- la qualité et la sécurité des dispositifs,
- la traçabilité,
- et l’accès aux soins.
Son intégration en amont de la stratégie thérapeutique est un facteur clé d’optimisation des résultats.
Une collaboration au cœur de la réussite
Le/la chirurgien(ne) définit la stratégie thérapeutique et prépare les conditions anatomiques et fonctionnelles de la reconstruction.
L’épithésiste conçoit et réalise une solution sur mesure, assurant l’intégration esthétique, le confort et l’adaptation dans le temps.
Ensemble, ils construisent une réponse coordonnée, centrée sur le patient et ses besoins.
Le syndicat s’engage à structurer cette collaboration, à promouvoir les bonnes pratiques et à garantir un cadre professionnel exigeant, au service de la qualité des soins et de la reconnaissance de la discipline.
C’est dans cette dynamique collective que se construit une prise en charge cohérente, durable et véritablement centrée sur le patient.